La théorie des options
Article: Le management stratégique face à la théorie des options
Rodolphe Durand
Le développement des recherches en management stratégique s’appuyant sur la théorie des options est récent et spectaculaire. La théorie des options a été appliquée, en particulier, à plusieurs familles de problématiques telles l’entrepreneuriat (McGrath, 1997,1999), l’innovation et la recherche et développement (Hurry, Bowman et Miller, 1992; Kim et Kogut, 1991), le développement international des firmes (Kogut, 1991; Kogut et Kulatilaka, 1994), et les acquisitions et restructurations d’entreprises (Hurry, 1993). Dans leur article précurseur et fondateur, Bowman et Hurry consacrent une annexe spéciale à la théorie économique des options et à son extension à la stratégie. « De nombreux auteurs considèrent que les options économiques décrivent avec précision les investissements stratégiques (e.g., Kester, 1984; Myers, 1984; Sharp, 1991). Dixit (1992) établit que les points de vue qualitatifs sur les options sont largement généralisables aux comportements tant individuels qu’organisationnels. À la lumière de ces études, il apparaît que l’extension au management stratégique est relativement préservée des risques de violation des hypothèses (Wernerfelt, 1985; Montgomery, Balakrishnan et Wernerfelt, 1989). Par conséquent, le développement d’une théorie fondée sur les options en management stratégique est vraisemblablement valide conceptuellement et vérifiable empiriquement » (Bowman et Hurry, 1993). L’objet de cet article est d’étudier les conditions sous lesquelles la théorie microéconomique des options s’applique au management stratégique. Une option est une opportunité générée par un projet d’investissement. Le détenteur d’une option dispose, en toute souveraineté et sans l’accord d’aucune autre partie, du droit de faire ou de ne pas faire un acte futur, du droit de prendre ou de ne pas prendre une décision, à une date future fixée ou avant cette échéance (McGrath, 1999). En définitive, le détenteur de l’option a le droit de faire ou de décider, mais n’en a pas l’obligation (Goffin, 1998, p. 512-513). Ce droit confère la possibilité, soit d’engager des investissements ultérieurs à forts retours, soit d’arrêter les investissements, tout en ayant limité les pertes à la valeur de l’option.
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